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Culture
Damn dirty apes
Avant la critique du dernier opus de La Planète des Singes qui débarque en salles cette semaine, L’auditoire vous propose un petit retour dans le passé, aux origines de l’une des franchises de science-fiction les plus mythiques de l’univers.

Pierre Boulle


Début des années 1960. Un jour, lors d’une visite au zoo, l’écrivain français Pierre Boulle s’attarde devant la cage des gorilles. Prenant le temps de les observer, il s’étonne de déceler dans leur comportement des expressions et des gestes bien plus proches de ceux des humains qu’il ne l’aurait cru. Ce déroutant constat mène l’auteur du Pont de la Rivière Kwaï à laisser son imagination vagabonder vers d’autres réalités : que serait une société dominée par les singes ? De cette intrigante question, Boulle tirera son roman le plus fameux en même temps que l’un des plus grands classiques de la littérature de science-fiction : La Planète des Singes. Décrivant un monde où l’Homme a régressé par apathie et se retrouve réduit en esclavage par des simiens évolués, l’écrivain révèle sa vision particulièrement pessimiste de l’humanité.

Il ne faudra pas attendre longtemps avant que la puissance de ce récit vienne titiller l’intérêt du cinéma. Un temps convoités par King Brothers Productions, un studio plutôt spécialisé dans les séries Z, les droits du roman sont finalement récupérés par le producteur Arthur P. Jacobs. Convaincu du fort potentiel des thématiques du roman, il va batailler pour

faire aboutir coûte que coûte son adaptation que tout Hollywood considère beaucoup trop risquée. Il engage ainsi Rod Serling, le mythique papa de La Quatrième Dimension, pour écrire le scénario. Séduit par les idées de Pierre Boulle, dont il partage le regard désenchanté sur ses semblables, celui-ci s’approprie totalement l’œuvre originale et y insuffle ses propres angoisses. Parmi celles-ci, le thème majeur de l’holocauste nucléaire, qui culmine dans la renversante image finale de la Statue de la Liberté émergeant du sable (absente chez Boulle).

Jacobs propose alors le projet à son ami Richard D. Zanuck, directeur de production de la 20th Century Fox. Bien qu’il soit déjà parvenu à réunir deux grands noms pour le premier rôle et la mise en scène (respectivement Charlton Heston et Franklin J. Schaffner), le studio est encore frileux à l’idée d’investir dans ce concept étrange de singes humanisés. Jacobs comprend qu’il leur faut une démonstration effective. Il met donc en place un film-test opposant Charlton Heston à un orang-outan incarné par l’acteur Edward G. Robinson. Le maquillage réalisé par John Chambers, quoiqu’encore minimaliste, convainc définitivement la Fox, qui accorde néanmoins un budget relativement plus faible qu’attendu.

Le scénariste Michael Wilson, qui avait déjà adapté Pierre Boulle avec Le Pont de la Rivière Kwaï, est alors engagé pour retravailler le script de Rod Serling. Transformant l’univers futuriste des singes alors prévu en un monde beaucoup plus primitif, il parvient à réduire les coûts de production tout en apportant au récit un élément d’étrangeté supplémentaire. Wilson en profite également pour régler ses propres comptes avec l’humanité, puisqu’il insère dans le scénario des relents de maccarthysme (il avait lui-même été blacklisté la décennie précédente).




1968. La Planète des Singes débarque en salles et marque l’Histoire à plus d’un titre.

Chef-d’œuvre de science-fiction, à la fois envoutant et terrifiant, le film est un classique instantané. La construction du récit est parfaite, de la mise en place mystérieuse (les singes n’apparaissent pas avant une demi-heure) au dernier quart d’heure qui aménage brillamment l’ultime révélation. Visuellement, la cohérence règne et le tout n’a pas pris une ride : les décors de studio génialement biscornus ne dépareillent pas d’avec les écrasants paysages naturels, les costumes servent habilement l’intrigue et, plus que tout, les maquillages des singes sont bluffants de réalisme.

Grâce à la mise en image inspirée de Franklin J. Schaffner, soutenue par la partition tribale et angoissante de Jerry Goldsmith, cet univers acquiert une puissance évocatrice sans précédent. A ce titre, la première apparition des gorilles à cheval est toujours aussi percutante.


Scénario imparable, mise en scène millimétrée, bande-son expérimentale, production design crédible, tout participe à nous entrainer dans cet univers dérangeant qui n’est rien d’autre que le triste reflet de notre propre monde. Le plan final, certainement le twist le plus stupéfiant de l’histoire du cinéma, achève de marquer les rétines au fer rouge.

Mais le coup d’éclat du film ne s’arrête pas là. Face à son succès phénoménal, la Fox a l’idée de capitaliser au maximum sur ce titre. Le studio lance ainsi la production en masse de produits dérivés : figurines, jeux de cartes, comics, etc. Il commande également une suite, puis une autre, jusqu’à ce que la franchise compte cinq long-métrages. Vu d’aujourd’hui, ça peut paraitre banal. D’autant que ces quatre épisodes supplémentaires, produits pour des budgets toujours plus ridicules du fait des soucis financiers de la Fox à cette époque, n’atteignent jamais la qualité de l’original et se révèlent au mieux de sympathiques séries B.

La Planète des Singes version Simpson

Malgré tout, la méthode est pionnière : à la fin des années 1960, les sagas cinématographiques ne sont pas encore popularisées, les productions à succès ne connaissent presque jamais de suite et leurs univers sont rarement étendus sur d’autres supports. La Planète des Singes, avec ses cinq films, ses deux séries TV, ses innombrables jouets et autres avatars de plastique, s’installe irrémédiablement dans l’inconscient collectif et se pose comme la première grande franchise de science-fiction. Elle ouvre ainsi la voie à d’autres sagas et préfigure le futur culte autour de Star Wars.

Aujourd’hui, l’univers créé par Pierre Boulle fait indéniablement partie des piliers de la culture pop et reste encore bien vivant, puisque la saga a refait surface au cinéma au début des années 2000 et qu’un nouveau film débarque en salles cette semaine. La critique de ce dernier par ici...

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