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Culture
Et l'Homme créa Paléo #7 : I love you (Woodkid)

© Julie Collet
Je suis censé écrire le septième et dernier chapitre (ou épisode, comme on voudra) de ma petite série (ou feuilleton, si on préfère) centrée sur ma semaine à Paléo. Pour me lancer, j’ai regardé cet après-midi des vidéos de Woodkid sur Internet. Son concert hier soir aux Arches m’a bazardé dans les hautes sphères, j’ai mis des plombes à redescendre. Nous sommes lundi, il a plu une grande partie de la journée. Ma lessive tournait. J’ai fait un peu de ménage. Je me répétais cycliquement que j’avais ce dernier texte à écrire.

En avril, au moment du dévoilement du programme de Paléo, j’avais évoqué ce projet sans plan particulier. Séverine trouvait que c’était une bonne idée. J’ai reçu une accréditation, j’étais content. Mes seules contraintes étaient de me centrer chaque jour du festival sur un personnage différent, et que ce soit à la première personne. J’avais également en tête les sept jours de la Genèse – un peu facile, un peu vain, mais je ne peux pas écrire en faisant abstraction de ces références où je puise une légitimation, aussi futile soit-elle.

Ce matin, Yannick et moi nous sommes levés tard. C’est une espèce de cri étrange venu de la rue qui nous a réveillés. J’ai vaguement regardé par la fenêtre, sans voir autre chose que cette immuable tour de l’Ale et sa place pavée. Mon coiffeur – un Iranien qui a fui son pays il y a longtemps et dont les enfants comprennent, mais ne parlent pas, son persan maternel ni l’arabe de leur mère irakienne – avait déjà sorti son enseigne L’Oréal. Plus tard, les cris ont repris, et nous avons repéré un type allongé recroquevillé sur un muret au pied de la tour.

Tous les jours de la semaine dernière, j’ai dû trouver un personnage, une sorte de ton qui aille avec, et me dépêcher de rédiger quelque chose pour pouvoir l’envoyer à Julie, qui se mettait illico au travail sur l’illustration. Ça n’a l’air de rien, mais c’était intense (d’autant qu’il fallait caser ça entre les conférences de presse, les concerts, les errances sur le terrain, les bières et les chips après les showcases à l’espace presse, les gin-tonics du Cosmo en fin de soirée, les trajets de et vers Nyon et les quelques heures de sommeil – la vie d’artiste, quoi). Aujourd’hui, je n’ai pratiquement pas quitté mon appartement. J’étais censé écrire ce texte assez rapidement pour pouvoir l’envoyer à Julie, qui se chargerait de la dernière illustration.

On a pris un peu d’avance hier soir, qui était donc dimanche soir, avant le concert de Woodkid. Yannick déplaçait des fûts et remplissait des frigos au stand Cardinal. Séverine et moi étions affalés sur l’un des canapés de l’espace presse – bottes et pantalons boueux, membres courbaturés, nous étions passablement essorés – et Julie a fait quelques photos, qui constitueraient sa base de travail. Après ça, j’ai pris le train de 1 h 23 avec Yannick. Les autres sont restés. Séverine écrivait ce matin à 5 h 12 sur notre groupe WhatsApp : « C’est bon pascalou tes clés sont dans la boîte ! (J’ai refermé la portr de l’appart si jamais) a toute bonuit ! » Elle a corrigé tout de suite après (toujours à 5 h 12) le mot porte. Je crois qu’elle était fatiguée.

Il est passé 20 h. Je ne me sens pas très fatigué. C’était une étrange journée. Nous avons traîné un peu, mangé des pâtes au gruyère, puis Yannick est parti et j’ai envoyé des mails, écrit à ma sœur, téléphoné à ma mère. J’ai lu quelques pages de Maus en peinant toujours à en revenir (c’est une BD très inspirante) ; du coup, j’ai regardé une interview de l’auteur sur YouTube. Plus tôt dans la journée, quand Yannick était encore là, j'ai téléphoné à Police secours (ils m'ont redirigé sur le 144), au sujet du type qui convulsait sous mes fenêtres, au pied de la tour. Yannick est descendu avec moi. Nous sommes restés auprès de lui en attendant l’ambulance. Le monsieur au téléphone m’a demandé de le rappeler au cas où la personne cesserait de respirer. J’avais toujours mon texte à écrire.

Plus tard, j’ai retrouvé Yannick en ville, sous la pluie. Il venait d’offrir des chocolats à une libraire de chez Payot (il l’a presque fait pleurer, ce qui l’a presque fait pleurer). À la Migros de Métropole 2000 (qui a été rebaptisée métropole, mais je n’ai pas réussi à perdre l’habitude), nous avons fait des courses (surtout des fruits et des légumes, pour compenser l’alcool et les chips de Paléo).

Maintenant nous sommes de retour chez moi. Mon coloc parle hongrois avec un ami à lui qui a de grandes dents. Il pleut toujours. J’ai terminé le septième et dernier texte ; je vais pouvoir me reposer.

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