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Culture
NIFFF 2014, 10 juillet
Notre quatrième journée au Neuchâtel International Fantastic Film Festival s’est enfin révélée être un sans-faute. Au menu : marcheurs blancs, fausses maisons hantées, dragons des mers et retraités lycanthropes.


Masterclass George R. R. Martin

Nous avons débuté la journée par la masterclass de l’invité d’honneur du festival. Face à une salle comble, George R. R. Martin s’est confié avec sincérité et humour sur son parcours, son métier, ses influences.

L’auteur des romans à l’origine de Game of Thrones a commencé par nous parler de ses méthodes de travail. Persistant à rédiger à la machine à écrire, il attache une grande importance aux recherches préparatoires. Passionné d’Histoire, il se renseigne de manière très approfondie sur les époques dont il souhaite s’inspirer afin de s’immerger dans celle-ci, de manière à pouvoir ensuite immerger tout autant son lecteur. La constitution de ce background passe également par d’autres lectures : Martin affirme ainsi que l’important est de lire le plus possible, pas seulement le genre investi mais de tout, chaque texte, quel qu’il soit, pouvant apporter des idées ou des techniques nouvelles. En ce qui le concerne, les livres d’Histoire qu’il consulte le renvoient régulièrement à d’autres œuvres de la littérature classique.

Parmi ses influences, s’il admet être un admirateur de J. R. R. Tolkien, l’une de ses principales sources d’inspiration serait plutôt à chercher du côté de la science-fiction en la personne de Jack Vance. Interrogé à ce sujet sur les qualités requises pour œuvrer dans son répertoire, l’écrivain affirme ainsi ne pas appréhender différemment la fantasy de la science-fiction. En tant que lecteur, ces deux genres lui procurent le même dépaysement et le transportent dans des mondes fabuleux avec une force identique.

La discussion s’est ensuite intéressée plus spécifiquement à ses créations. Martin s’est alors expliqué sur l’absence de véritable héros dans ses récits, en particulier A Song of Ice and Fire. Très attaché à la crédibilité de ses univers, il souhaite dépeindre des personnages tangibles et proches de la réalité. Ce qui implique qu’ils soient complexes et faillibles. Ils peuvent ainsi très bien accomplir des actions héroïques, mais pour mieux se comporter comme les derniers des salopards la seconde d’après.

Il en va de même pour son traitement de la guerre et de la violence en général. Selon lui, la violence n’est jamais fun dans la réalité et ne doit donc jamais l’être dans la fiction. Ses romans la montre telle qu’elle est, son but étant de déranger le lecteur. Il souhaite également décrire la guerre dans toute l’absurdité et l’ambivalence qui la caractérise. D’où, une nouvelle fois, l’absence de héros pur ou de méchant clairement défini.


Enumérant les nombreuses figures de femmes fortes qui parsèment ses romans, le modérateur lui a ensuite demandé s’il se considérait comme féministe. Par une jolie pirouette, Martin s’en est défendu, affirmant écrire avant tout des individus, dont certains se trouvent être des femmes, sans se préoccuper réellement d’écrire une femme.

Arrivé le moment des questions du public, l’auteur s’est vu inévitablement interrogé sur la mort de ses personnages dans A Song of Ice and Fire, une fan lui demandant si certaines disparitions le touchaient autant que ses lecteurs et spectateurs. Il se trouve que oui, Martin confiant que l’écriture du fameux Red Wedding avait été longtemps repoussée et s’était finalement révélée très douloureuse pour lui.

Quant à l’avenir de la série Game of Thrones, si le projet de la clôturer par une trilogie au cinéma n’est pas encore complètement officialisé, il lui semble une bonne option. Ses romans grossissent progressivement et gagnent en ampleur (il lui en reste deux à écrire) et la série explose déjà son budget et risque bien d’atteindre ses limites. Un changement de format semble adapté.

Passionnante et égayée par les fréquentes touches d’humour de son invité, la conférence s’est achevée par une séance de dédicaces de presque deux heures (soit trente minutes de plus que prévu). Tandis que certains râlaient à l’extérieur de la salle en poireautant pour la projection qui devait suivre, d’autres étaient indéniablement aux anges.



Housebound
De Gerard Johnstone | Comédie/Horreur
Avec Morgana O’Reilly et Rima Te Wiata

Nous avons enchaîné avec une production néo-zélandaise revisitant le concept de la maison hantée. Housebound narre les mésaventures de Kylie, jeune femme en perdition qui, après un braquage raté, se voit assignée à résidence chez sa mère. «Ménagère de moins de cinquante ans» par excellence, cette dernière est persuadée que sa demeure abrite des fantômes. Tout d’abord incrédule, Kylie va peu à peu découvrir que des phénomènes étranges se produisent effectivement dans cette maison.

Au final assez classique dans son intrigue, le film de Gerard Johnstone se démarque par son mélange très réussi de comédie et d’horreur. Plaçant des personnages drôles et attachants dans des situations terrifiantes, il parvient à allier tension et humour sans jamais sombrer dans la parodie paresseuse ou la caricature cynique. Les gags jouent avec les attentes du spectateur sans se moquer des codes du genre ni casser l’atmosphère tendue, mais décalent uniquement la scène avant de repartir de plus belle et n’empêchent nullement l’effet horrifique qui suit d’être efficace.

Si Johnstone n’évite pas quelques jump scares, il se permet heureusement de s’en moquer à plusieurs reprises de façon plutôt réussie. Le reste du temps, il nous sert une mise en scène efficace et nous gratifie même de quelque belles giclées gores dans son final. Après toutes les infamies au cinéma horrifique qu’on a pu voir durant ce festival, on ne demande pas grand-chose de plus.


Young Detective Dee : Rise of the Sea Monster
De Tsui Hark | Fantasy/Ation
Avec Mark Chao et Kun Chen

Le dernier film de Tsui Hark était certainement celui que nous attendions le plus dans la programmation de cette édition du NIFFF. Tout d’abord, parce qu’il s’agit de Tsui Hark, soit l’un des cinéastes actuels les plus inventifs et les plus déments lorsqu’il s’agit de chorégraphier l’action. Ensuite, parce qu’il réalise là une préquelle à son précédent Détective Dee: Le Mystère de la Flamme Fantôme, sorte de Sherlock Holmes fantastique qui alliait un plaisir

visuel constant à un sous-texte politique bien plus profond qu’il n’y paraissait. Enfin, parce que le cinéaste signe également sa seconde réalisation en 3D après Dragon Gate, projeté au NIFFF il y a deux ans et dans lequel il se permettait des expérimentations en relief toutes plus folles les unes que les autres.

Tous ces éléments à l’esprit, nous trépignions d’impatience de découvrir la nouvelle bombe du maître. Et ça n’a pas manqué: ce nouveau Détective Dee est une véritable claque. D’une inventivité et d’un dynamisme renversants, la mise en scène ne nous laisse aucun répit, le cadre fourmille d’éléments; comme à son habitude, Tsui Hark a mille idées à la seconde et nous les offre toutes sans exception. Il continue ainsi d’expérimenter les possibilités de la 3D, usant du relief de façons variées et toujours astucieuses. S’il sert bien évidemment à nous balancer joyeusement des trucs à la gueule, il est aussi employé de manière plus subtile, comme pour mettre en évidence un indice dans le décor ou séparer deux plans distincts pour éclaircir l’action.

Si l’orgie visuelle ne suffisait pas, le scénario, qui met cette fois-ci Dee aux prises avec un mystérieux monstre marin, se révèle très prenant et une nouvelle fois bien plus profond que prévu. Cerise sur le gâteau, Tsui Hark se permet même çà et là quelques touches d’humour gras étonnamment efficaces (des nobles chinois qui boivent de l’urine d’eunuque, ça vaut le détour !).

Après avoir traversé au ralenti un ban de poissons éjecté par une vague, assisté à un duel dantesque sur les rebords d’une falaise ou tremblé face à la fuite d’un cavalier sur des débris flottants poursuivi par un gigantesque monstre marin, nous étions sûrs d’une chose : le dernier Tsui Hark est indéniablement ce qu’on a vu de mieux durant cette édition 2014 du NIFFF.



Late Phases
De Adrian Garcia Bogliano | Drame/Horreur
Avec Nick Damici et Ethan Embry

Nous avons terminé la journée par un très sympathique film de loup-garou. Late Phases met en scène Ambrose, un vétéran du Vietnam aveugle qui s’installe dans une communauté de personnes âgées. Lorsqu’il découvre qu’une bête sanguinaire rôde dans les environs, il décide de s’engager dans un dernier grand combat. Sorte de Gran Torino croisé avec Hurlements, le film nous fait suivre le quotidien pittoresque de son héros badass, irascible et bien fendard (l’excellent Nick Damici) et instille progressivement dans cet univers son concept de genre, dévoilant peu à peu sa créature.

Si le look définitif ultra cheap du lycanthrope finit par nuir quelque peu à la crédibilité de cette menace, toute la mise en place de son apparition fonctionne parfaitement, les plans qui n’en montrent qu’une seule partie et jouent au contraire sur la suggestion sont convaincants, et, surtout, la scène de la transformation est très réussie. Suivant une progression plutôt efficace, Late Phases se conclut sur un final jouissif proposant de belles idées de mise en scène.

Un bon petit film de genre, sincère et attachant, qui a achevé d’égayer notre journée.


C’est donc avec enfin la satisfaction d’avoir passé la meilleure journée de notre séjour que nous nous sommes glissés sous la couette, les yeux encore pétillants de mille images réjouissantes, parés pour notre dernier jour au festival.

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