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Culture
NIFFF 2014, 9 juillet
Notre troisième journée au Neuchâtel International Fantastic Film Festival était cette fois-ci moins éclectique car surtout consacrée au cinéma horrifique occidental. Au menu : portes qui grincent, soucoupes volantes, superhéros japonais et fantômes irlandais.


The Quiet Ones
De John Pogue | Horreur
Avec Jared Harris et Olivia Cooke

Mythique studio ayant fait les belles heures de Dracula, Frankenstein et autres lycanthropes, la Hammer connut une baisse de rythme dans les années 1980 et semblait morte et enterrée à la fin du XXe siècle, avant de soudain réapparaitre avec le récent La Dame en Noir, sympathique revival qui laissait présager d’une possible renaissance. Mais comment ressusciter, après toutes ces années, un cinéma classique sans paraitre dépassé ? Comment revenir aux sources de son succès tout en tâchant de convaincre le public contemporain ?

C’est visiblement la question qui a dirigé la mise en chantier de The Quiet Ones, dernière production du studio. Et la réponse qui y a été apportée est hélas loin d’être satisfaisante. En effet, incapable de choisir entre ces deux tendances ou même de les marier harmonieusement, le film se retrouve constamment le cul entre deux chaises. D’un côté, on nous propose un pitch classique qui fleure bon le récit horrifique old school : une histoire de possession dans les seventies, traversé de thèmes renvoyant à des sommets du genre tel que le Prince des Ténèbres de Carpenter (la confrontation de différentes croyances et explications de phénomènes paranormaux). Comme ça, ça a l’air chouette.

Mais de l’autre côté, ces bons éléments de départ sont tirés vers le bas par une mise en pratique lamentable : apparemment soucieuse de ratisser large et de plaire aux djeuns, la production opte pour le pire choix possible en nous balançant la moitié du temps des plans en found footage et en usant des pires effets de style ringards (des portes qui ne cessent de s’ouvrir en grinçant et des jump scares à foison).

Au milieu de ça, des personnages inconsistants, même l’excellent Jared Harris ne servant qu’à balancer des leçons de philo de comptoir. En bref, un film vide et triste à voir. En espérant que la prochaine tentative du studio face plus honneur à son immense héritage.


Extraterrestrial
De Colin Minihan | Horreur/Science-fiction
Avec Brittany Allen et Freddie Stroma

Deux mots : jump scares. Tout est dit. On a beau leur répéter qu’il s’agit là de l’effet horrifique le plus paresseux et le moins subtil du monde, ils insistent et ils en foutent partout… et plombent du même coup tout leur film.

Et c’est bien dommage, parce que cette production des Vicious Brothers qui revisite le thème de l’abduction extraterrestre démarre plutôt bien. Mise en place du mystère intrigante qui lorgne du côté des productions Amblin, caractérisation des personnages un minimum travaillée et qui laisse présager d’un développement intéressant, quelques effets de tension plutôt réussis… Et puis, tout fout le camp.

Les jump scares s’accumulent et finissent par s’annuler, brisant l’atmosphère tendue qui commençait à s’installer et transformant le film en un bête train fantôme abrutissant pour ado en mal de rébellion. L’équilibre se rompt alors et tout sombre dans une caricature cynique, jusqu’à un final rigolard absolument ridicule.

Une parodie de slasher comme on en voit trop souvent et qui ne mérite pas qu’on en parle plus longtemps.



Monsterz
De Hideo Nakata | Thriller/Fantastique
Avec Tatsuya Fujiwara et Takayuki Yamada

Après deux projections nous ayant montré coup sur coup le pire du cinéma horrifique, on craignait le pire pour la suite. L’appréhension se faisait d’autant plus grande pour Monsterz que son réalisateur, Hideo Nakata, est connu pour sa carrière en dents de scie, exécutant des récits de genre souvent malgré lui et pouvant passer de la franche réussite (le célèbre Ring) à la pure catastrophe (le calamiteux The Complex, projeté l’an dernier au festival).

Nous nous rassurions néanmoins du fait qu’il ne s’agissait cette fois-ci pas d’un film d’horreur, nous épargnant le déplaisir de rencontrer ces abominables jump scares. Nous étions finalement agréablement surpris de découvrir que cette troisième projection, non content de ne pas nous horripiler, se révélait même très appréciable !

Relecture du film de superhéros, Monsterz lorgne clairement du côté d’Incassable de M. Night Shyamalan. Les deux récits sont ainsi très semblables : un héros quasi invincible sans le savoir qui va découvrir ses incroyables capacités au contact d’un antagoniste faible physiquement mais à l’esprit redoutable (ici littéralement, puisque ce dernier peut contrôler les gens par la pensée).

Bien plus inspiré que sur The Complex, Nakata redouble d’inventivité pour mettre en scène les pouvoirs de ses deux protagonistes, réussissant une série de séquences particulièrement impressionnantes où des foules entières possédées par le méchant se transforment en une terrifiante masse qu’il filme à la manière des zombis de George A. Romero.

S’ajoute à cela une intéressante réflexion sur le mythe du superhéros (qui brode autour d’Incassable mais parvient tout de même à s’en affranchir), et Monsterz serait presque parfait. Mais seulement presque, car on dénote hélas un léger bémol. Nous évoquions déjà précédemment la tare récurrente des productions asiatiques (du moins pour notre œil occidental) consistant à ajouter ça et là dans le film, quel que soit le genre (même celui qui s’y prête le moins), des touches d’humour outrancier au possible. Malheureusement, Monsterz n’y échappe pas et nous gratifie d’un sidekick comique totalement hors sujet et horripilant : le héros a ainsi deux grands potes qui reviennent durant tout le récit, dont une grande folle qui ne cesse de minauder et pouffe en mangeant des saucisses. Pas très fin, ni bien utile.

Ces errements mis à part, le long-métrage de Nakata vaut largement le coup d’œil et prouve que celui-ci est capable de belles choses. A voir ce samedi 12 à 23h30 aux Arcades !



The Canal
De Ivan Kavanagh | Horreur/Drame
Avec Rupert Evans et Anthonia Campbell-Hughes

Nous avons terminé la journée par un nouveau film d’horreur, mais cette fois-ci ragaillardis et prêts à affronter tous les jump scares du monde. Ça tombe bien, The Canal n’en contenait presque aucun. Mieux, cette production irlandaise s’est avérée tout à fait honorable !

Partant d’un postulat de base typique du récit de maison hantée, Ivan Kavanagh orchestre un trip visuel qu’il veut comme un cauchemar permanent. Très soignée, la photographie joue brillamment avec les éclairages contrastés, l’alternance de fortes lumières rouges ou bleues rappelant les expérimentations de Dario Argento sur Suspiria. Inventive et fourmillant d’idées, la mise en scène réussit de très beaux effets, loin du racolage de mise cité plus haut.

On pourra éventuellement regretter que le scénario donne trop clairement les clés de son dénouement dès le départ, mais son exécution tortueuse et la paranoïa instillée par la mise en scène parviennent tout de même à faire douter.
Elégant, dérangeant et parfois même terrifiant, The Canal est le meilleur film d’horreur que nous ayons vu à cette édition du NIFFF et l’une de ses très bonnes surprises en général.


Une troisième journée qui avait donc très mal commencé, mais qui s’est heureusement conclue sur deux belles réussites. C’est ainsi satisfaits que nous nous sommes endormis, impatients de la journée du lendemain, qui devait voir l’hiver arriver. Mais ça, c’est une autre histoire…

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