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Culture
NIFFF 2014, 7 juillet
Pour notre première journée au Neuchâtel International Fantastic Film Festival, nous avons commencé fort avec un programme riche et varié. Au menu : conférence télévisuelle, road trip parodique, monstres français, cowboys italiens et castors-zombis.


TV Series World : Writer’s Room

Plutôt que de débuter par une projection, nous avons assisté au colloque Writer’s Room. Modéré par Nicolas Dufour, journaliste au Temps, l’événement rassemblait une série de professionnels impliqués dans l’écriture de séries TV. Une première partie consacrée aux productions internationales donnait ainsi la parole à quatre scénaristes américains, anglais et français. Invité d’honneur du festival, George R. R. Martin était ainsi présent pour parler de Game of Thrones, la série adaptée de ses romans A Song of Ice and Fire. A ses côtés, David Varela, auteur du projet transmédia Sherlock : The Network dérivée de la série de Steven Moffat et Mark Gatiss, Ben Harris, auteur et producteur pour la BBC, et Guillaume Lubrano, scénariste et réalisateur de Métal Hurlant Chronicles.


Chacun a pu partager sa propre expérience quant à l’écriture de série, nous présentant des modes de fonctionnements au final très différents d’un pays (voire même d’un studio) à l’autre. Ainsi, George R. R. Martin a comparé ses débuts sur The Twilight Zone seconde mouture et sa situation actuelle avec Game of Thrones. Il a alors opposé d’un côté les anciennes séries classiques américaines dont les épisodes généralement indépendants pouvaient être gérés par des scénaristes différents à chaque coup, et de l’autre la série phare de HBO, qui possède une structure définie et est donc quasi intégralement chapeautée par ses créateurs David Benioff et D. B. Weiss, qui écrivent six à huit épisodes sur dix par saison. L’auteur confiait au passage la totale confiance qu’il accorde aux showrunners, puisqu’il laisse petit à petit la série vivre d’elle-même. De fait, s’il a longtemps été consulté à chaque étape afin d’approuver le moindre détail, il ne relit aujourd’hui plus qu’un script par saison, préférant se concentrer sur l’écriture des romans.

Les modes de productions diffèrent donc et dépendent de la nature même de la série. Guillaume Lubrano, quant à lui, connaît une situation semblable à celle de The Twilight Zone, puisque Métal Hurlant Chronicles se présente également comme une anthologie d’histoires indépendantes les unes des autres. Les scénaristes se succèdent ainsi à chaque épisode pour adapter un récit de la fameuse BD. Le Français a cependant confié vouloir progressivement tisser des liens entre les différents récits pour les prochaines saisons. Il a profité de ce que la discussion se penche sur le caractère particulier de sa création, coproduction franco-belge en anglais et français, pour revenir sur l’éternel problème de perception du cinéma de genre en France. A la méfiance des chaines face à tout élément fantastique s’ajoute leur persistance à vouloir à tout prix du tout public, qui continue ainsi de restreindre les créateurs dans leurs ambitions.

Du côté britannique, la situation semble plus positive, comme l’a confié David Varela. Il a ainsi expliqué la grande liberté qui lui a été donnée pour la création de son jeu inspiré de Sherlock, ses seules contraintes étant de coller à la fois à l’univers de Conan Doyle et au style de la série. La discussion dérivant sur le transmédia, il s’est dit plutôt optimiste sur l’avenir de cette pratique, plusieurs projets ayant selon lui rencontré le succès et ainsi prouvé l’intérêt de tisser des liens entre les supports à l’heure de l’hyperconnectivité.

Nicolas Dufour est alors revenu à George R. R. Martin pour aborder l’inévitable sujet de son rapport à son public, l’auteur étant maintenant réputé pour traumatiser ses lecteurs et les spectateurs de la série en faisant mourir ses personnages de façon inattendue et souvent brutale. Celui-ci a avoué ne pas écrire pour ses fans mais avant tout pour lui, considérant qu’il s’agit là de la méthode la plus honnête. Donnant l’exemple des test screenings américains (des projections publiques organisées par les studios pour « tester » des films avant leur sortie officielle), il expliquait ainsi l’absurdité d’orienter son travail en fonction de réactions de spectateurs qui ne sont au final que de vagues statistiques ayant très peu d’intérêt d’un point de vue créatif.

La discussion s’est conclue par le constat plutôt positif selon lequel, d’un point de vue général, les scénaristes restent maîtres à bord dans la conception d’une série, au contraire par exemple du cinéma qui a quant à lui subi l’impact de la théorie des auteurs, faisant du réalisateur le seul et unique auteur d’un film.

La seconde partie du colloque laissait la parole aux producteurs helvétiques afin de discuter des différentes stratégies envisageables pour la création audiovisuelle en Suisse. Sven Wälti, responsable co-production à la SSR, était ainsi entouré d’Urs Fitze, responsable de l’unité fiction de la SRF, et de Françoise Mayor, son homologue de la RTS.


Du côté de la SRF, il a été décidé de se concentrer sur les séries, considérées comme un format bien plus adapté à la télévision que les téléfilms. Actuellement, la chaine connait un beau succès avec Der Bestatter (Le Croquemort), série policière qui compte déjà deux saisons et devrait débarquer dans nos contrées francophones l’an prochain. D’ici 2016, Urs Fitze a annoncé la mise en chantier d’un nouveau programme pour accompagner cette valeur sure.

La sauce semble avoir un peu plus de peine à prendre côté romand : Françoise Mayor a ainsi listé six ou sept séries créées par son service, dont une seule a bénéficié d’une reconduite (L’heure du secret). Il faut dire que ces coups d’essai sont pour la plupart pensés comme des feuilletons de l’été et sont donc moins propices à un développement sur la durée. Néanmoins, la RTS tente et expérimente, et ce également sur le terrain de la web-série (la récente Break-ups).

Sven Wälti a quant à lui confié que la SSR commençait à changer d’optique. Longtemps focalisée sur l’idée d’une « série nationale » devant à tout prix prendre place un peu partout en Suisse afin d’effacer la fragmentation du territoire, la société pense aujourd’hui plutôt encourager les coproductions entre les différentes chaines et laisser la fiction même s’installer en un seul lieu. Le récent voyage de différents membres du groupe au Danemark les a ainsi convaincus que l’exemple danois, avec ses séries politiques à succès, était sans conteste à suivre. Parmi les éléments dont nous pouvons nous inspirer se trouve justement l’authenticité des univers dépeints, ces derniers prenant place dans une région particulière.

La SSR compte également modifier prochainement le Pacte de l’audiovisuel, qui ne lui permet pour l’instant qu’une participation de trente pourcents des fonds pour une production télévisuelle. De même, elle encourage les chaines à œuvrer pour le développement de la formation, en permettant par exemple aux étudiants et étudiants concernés de suivre le processus de création d’une série.

Si le catalogue de séries helvétiques est encore très pauvre, on réfléchit donc à différentes manières de l’enrichir. Parmi celles-ci, nous a été présenté un projet de collaboration entre la RTS et le NIFFF intitulé Fantastic Web Contest. Il s’agit d’un concours pour une web-série de genre ouvert à tous. Les candidats doivent soumettre une idée de programme et, s’ils sont sélectionnés, peuvent alors bénéficier des ressources du NIFFF, qui met à disposition des professionnels offrant des heures de coaching. Le gagnant verra son œuvre diffusée au festival neuchâtelois puis sur rts.ch.

Les infos complètes sont ici.



Jay and Silent Bob Strike Back !
De Kevin Smith | Comédie
Avec Jason Mewes et Kevin Smith

Nous avons poursuivi la journée avec une première projection consacrée à l’autre invité de marque du festival, Kevin Smith, et son fendard Jay and Silent Bob Strike Back !. Pour sa cinquième réalisation, l’auteur de Clerks se focalisait sur les deux junkies glandeurs incarnés par Jason Mewes et lui-même, personnages récurrents de son univers qui obtiennent ainsi le premier rôle.

Partis pour Hollywood afin d’empêcher la production d’un film sur eux-mêmes, Jay et Silent Bob embarquent pour un road trip halluciné propice à un florilège de références cinématographiques (dont forcément, Smith oblige, beaucoup à Star Wars), de piques à l’encontre du milieu, de private jokes et autres caméos savoureux (les apparitions de Carrie Fisher et Mark Hamill valent le détour !).

Les personnages sont toujours aussi cons et attachants, les dialogues toujours aussi foisonnants et cinglants, les gags toujours aussi gras et irrévérencieux, bref, du pur Kevin Smith ; un hommage passionné au cinéma geek, à la fois tendre, jouissif et foutrement drôle.



Super 8 Madness !
De Fabrice Blin | Documentaire

Dans les années huitante, Jean-Pierre Putters, fondateur du magazine Mad Movies, créait le Festival du Super 8 Fantastique, à la gloire du fameux format emblème de la production amateure. L’occasion pour tout vidéaste en herbe de présenter ses créations démentes à une foule de geeks surexcités et prompts à la vanne, le tout dans une ambiance survoltée rappelant les séances de minuit de notre très cher NIFFF. Victime de son succès, l’événement sera progressivement viré de chaque salle qu’il investit (et saccage) avant d’être définitivement arrêté après sept ans d’existence.

Projeté dans la section Histoire du genre, Super 8 Madness ! revient sur les différentes éditions de ce festival en mêlant images d’archives, extraits de films produits pour l’occasion et interviews des principaux acteurs de son succès, qu’il s’agisse des organisateurs comme de participants notables. Ces passionnés partagent ainsi leurs souvenirs énamourés de cette époque incroyable, livrent mille anecdotes croustillantes et nous offrent une plongée captivante dans le monde du do it yourself.

On découvre ainsi une communauté de cinéphiles barges biberonnés aux magazines spécialisés dans le genre (Mad Movies, Starfix, L’Ecran Fantastique) et aux œuvres fondatrices des Sam Raimi et autres Peter Jackson. Décomplexés, portés par leur seule passion, ces amateurs s’éclataient à mettre en scène des délires gores avec trois bouts de ficelle, redoublant d’inventivité et faisant parfois preuve d’une créativité étonnante. De fait, le festival a vu naitre de nombreuses vocations, la totalité des intervenants exerçant aujourd’hui dans le domaine cinématographique, de la critique à la réalisation, en passant par la création d’effets spéciaux.

Si une certaine nostalgie se dégage de leurs propos, la bonne humeur et la passion l’emportent, faisant du documentaire un témoignage drôle et touchant sur un milieu où seul compte l’amour de la pellicule.

Ainsi, que vous soyez aficionado de genre ou non, on ne saurait trop vous conseillez la seconde projection de Super 8 Madness ! ce jeudi 10 à 20h30 au cinéma Bio. D’autant que Jean-Pierre Putters y sera présent en personne !


I Tarantiniani
De Maurizio Tedesco et Steve Della Casa | Documentaire


On est resté dans l’Histoire du genre avec ce documentaire consacré à la série B italienne de la seconde moitié du siècle passé. Les grands noms de ce cinéma, producteurs, réalisateurs et acteurs, y partagent leurs expériences de cette période foisonnante de westerns spaghetti, giallos et autres films de cannibale. On peut ainsi voir tour à tour Sergio Leone (par des images d’archives), Ruggero Deodato ou encore Franco Nero disserter sur Pour une poignée de dollars, Cannibale Holocaust et Django.

Si ces productions ont évidemment influencé Quentin Tarantino, il est loin d’être le seul dans ce cas. L’auteur de Django Unchained n’étant de plus présent dans le documentaire que deux secondes au début et deux minutes au maximum à la fin, la référence du titre semble alors un peu gratuite et forcée. Le véritable sujet reste la série B italienne de l’époque plus que ses répercussions sur le cinéma d’aujourd’hui.

Ce léger détail éclairci, I Tarantiniani se révèle être un document tout aussi passionnant que Super 8 Madness !, puisqu’on y savoure également les témoignages de vieux cadors du milieu qui nous font de même découvrir un univers fou, habité et incroyablement créatif. Pionniers d’un cinéma violent et subversif, ces artistes racontent avec humour ce milieu production à la fois décomplexé et calculateur, où envie créatrice et amour du septième art côtoient plans marketing foireux et magouilles internes.
Une autre pièce de collection à ne pas manquer ce samedi 12 à 17h30 au Bio !



Zombeavers
De Jordan Rubin | Horreur/Comédie
Avec Lexi Atkins et Cortney Palm

Comme l’indique le magnifique jeu de mots qui lui sert de titre, Zombeavers met aux prises un groupe de jeunes crétins lubriques et fortement avinés avec des castors zombis bien décidés à les ronger jusqu’à ce que mort s’ensuive. Un pitch qui se pose en énorme promesse nanardesque et par conséquent en parfait Ultra Movie.

C’est un public déchainé (puisqu’à peu près aussi aviné que les protagonistes susmentionnés) qui a accueilli cette rigolote aberration cinématographique, hilare pendant une heure trente face aux actions incohérentes de personnages abrutis et à l’avalanche d’effets cheap. Racoleur et con comme il faut (la transformation des bimbos siliconées en castors mutants est un grand moment !), Zombeavers nous a offert une très bonne séance de minuit, gueularde et fun à souhait.

Amateurs de débilités indéfendables, rendez-vous ce jeudi 10 à 1h aux Arcades !


C’est donc les rétines repues que nous sommes allés nous pieuter après cette première journée au NIFFF, rêvant déjà au programme du lendemain.


Le programme complet du NIFFF.

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