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Culture
Polymanga, du côté des gros événements
Avant-hier, nous avons passé notre dimanche de Pâques à Polymanga pour une journée intensive de conférences. Le public était une nouvelle fois très nombreux au 2M2C de Montreux, les fans ayant fait le déplacement en masse pour rencontrer les différentes têtes d’affiche se succédant dans les salles Show Miles Davis et Star Stravinski. Malgré quelques retards et l’inquiétude palpable du staff quant à l’afflux humain, tout s’est déroulé dans le calme et la bonne entente (comment pourrait-il en être autrement avec une foule de geeks venus célébrer leur passion ?). Retour sur les quatre événements auxquels nous avons pu assister.


Voilà ce qui va se passer…

Nous avons débuté par la conférence donnée par l’équipe de la web-série de science-fiction humoristique Le Visiteur du Futur. François Descraques, créateur, scénariste et réalisateur de l’œuvre, les comédiens Raphaël Descraques (Raph), Ludovik (Richard) et Sabine Perraud (la Reine Clothilde IV), ainsi que la costumière Cécile Auclair étaient présents pour nous parler de la saison 4 actuellement en cours de diffusion et de l’avenir de la série en général. Après nous avoir offert la projection en avant-première de l’épisode 8, ils se sont prêtés au jeu des questions-réponses avec le public.

Dynamique et instructif, l’échange a été l’occasion pour chacun d’évoquer avec passion et humour les différentes facettes de son travail. Cécile Auclair a ainsi présenté ses techniques et influences, les comédiens leur relation à leur personnage, tandis que François Descraques s’est longuement étendu sur l’évolution de sa création. Rappelant la difficulté de terminer une série (la plupart des programmes n’étant souvent pas faits pour se conclure véritablement, leurs fins sont souvent déceptives), il a ensuite révélé que chaque saison était appréhendée comme la dernière, le renouvellement étant toujours un petit miracle.
Profitant d’une question concernant le sort réservé à un personnage central à la fin de la saison 3, l’auteur a expliqué sa méthode d’écriture : il ne s’adapte pas aux attentes du public et refuse le fan-service, souhaitant avant tout provoquer des émotions surprenantes chez ses spectateurs et spectatrices.

François Descraques accueille les Cosplayers de sa série

Interrogé ensuite sur une potentielle adaptation cinématographique, Descraques répétait sa culture originellement façonnée par le septième art, soulignant au passage qu’une saison du Visiteur dans son ensemble était finalement conçue comme un long-métrage de deux heures. Quant à une véritable transposition sur grand écran, se pose toujours le problème du financement d’un tel projet en France, où le milieu est encore très hermétique à ce genre d’univers, d’autant plus lorsqu’il vient du web. Nous avons ainsi eu droit à une série d’anecdotes pour le moins croustillantes sur les rencontres de l’artiste avec différents groupes de production, ces derniers répondant à ses propositions par des suggestions tout à fait incongrues (on lui a par exemple demandé si son projet de comédie romantique dans l’espace ne serait pas plus intéressant s’il se déroulait dans un club échangiste...). Egalement concerné par le sujet de par son implication dans le groupe Suricate, son frère Raphaël a ajouté que la frilosité des producteurs pouvait néanmoins se révéler bénéfique pour l’œuvre elle-même, puisqu’elle force son créateur à justifier et donc comprendre ce qu’il fait.

Malgré les difficultés, Le Visiteur du Futur poursuit tout de même son chemin, gagnant en ampleur et creusant petit à petit son trou dans le paysage audiovisuel français (dès le mois de mai, France 4 la diffusera en intégrale chaque soir à 20h30). Si vous n’y avez pas encore jeté un coup d’œil, on ne saurait trop vous conseiller de le faire : drôle et touchante, faite avec talent et sincérité, cette web-série mérite votre attention.


Poulet, poulet ! Piou, piou, piou !

Le temps d’avaler un riz sauté aux crevettes près du stand Food from Asia, nous nous sommes ensuite rendu dans la salle Stravinski afin d’assister au concert du Naheulband. Fondé par John « POC » Lang, créateur du Donjon de Naheulbeuk, le groupe est composé de six musiciens (Lang compris) et propose des chansons folks décalées tournant autour de l’univers fantasy de la franchise précitée. Récit enjoué de la vie d’aventurier, marche barbare à la gloire de Crôm ou célébration alcoolisée du peuple nain, chaque morceau explore une facette particulière du monde imaginaire de la Terre de Fangh, dans des styles musicaux variés mais conservant immanquablement des consonances celtiques (le groupe reprend d’ailleurs épisodiquement de véritables chants traditionnels irlandais).

Durant plus d’une heure trente, le Stravinski a ainsi résonné de guitare, violons, bodhrans et autres whistles se mêlant aux voix des chanteurs, le tout dans une ambiance détendue et joviale comme le Naheulband en a le secret. Délicieusement crétines, les nombreuses touches d’humour parsemant les chansons ne se font nullement au détriment de la musique elle-même. Comme le souligne Lang pendant le concert, « il s’agit de compositions très sérieuses sur un univers débile », taclant au passage le générique de Goldorak, qui fait l’inverse.


De fait, non seulement on rit, mais en plus chaque morceau nous entraine réellement. Il faut dire que le groupe a également pour lui de proposer des shows particulièrement interactifs. Les musiciens s’adressent constamment à leur public pour qu’il répète le refrain, claque des mains et tape du pied, et vont même plus loin en descendant de scène pour aller danser avec le premier rang ou en haranguant les hommes de se mettre torse nu tel le barbare. Le clou du spectacle est ainsi atteint lorsque, chantant la dangerosité du poulet, ils balancent dans le public un méga gallinacé gonflable qui s’en va rebondir sur la foule jusqu’au fond de la salle.

Devant tant de générosité, comment ne pas être conquis ? Les spectateurs et spectatrices de Polymanga, pour leur part, étaient plus qu’emballés : pour preuve, malgré les places assises qu’imposaient la salle, ils se sont unanimement levés à de nombreuses reprises pour exprimer leur engouement.

La lecture de ces lignes vous fait regretter votre absence de l’événement ? Consolez-vous : le concert a été filmé et sera disponible en bonus sur le DVD de la future série animée du Donjon de Naheulbeuk !

Jeu de merde !

On passera rapidement sur la conférence du Joueur du Grenier, cette dernière s’étant révélée relativement inintéressante. Pleine à craquer d’ados et de familles accompagnant les marmots fans de l’émission, la salle du Miles Davis a été le théâtre d’un événement pour le moins confus, pénible et particulièrement décevant. Contrairement aux autres rencontres, le médiateur n’était pas un membre du staff mais un collègue YouTubeur présent au festival : l’exubérant Bob Lennon. Comme c’était à prévoir, ce dernier s’est totalement réapproprié l’événement, le transformant en une sorte de one-man show de son cru.

Résultat : nous n’avons pas assisté à une véritable conférence mais à un sketch à rallonge, un chaos sans nom. Les quelques questions ayant pu être posées étaient ainsi soit parfaitement vides d’intérêt soit continuellement parasitées par les interventions gaguesques de Lennon, les private jokes d’autres stands venus faire leur pub sur scène ou les ponctuations de la régie qui se faisait plaiz’ en balançant des bruitages cartoonesques toutes les deux secondes.

Une photo à l'image de la conférence : peu claire, surchargée et inintéressante...

De fait, Frédéric Molas et Sébastien Rassiat sont au final très peu intervenus et l’ont fait pour plaisanter plus que pour nous parler de leur création. Et c’est bien dommage, parce que c’est tout de même pour cela que l’on se rend en convention : pour rencontrer les auteurs d’œuvres que l’on apprécie et découvrir la manière dont ils travaillent et appréhendent ce qu’ils font, leurs influences et projets d’avenir, etc. Cette conférence Joueur du Grenier était peut-être divertissante par instant, mais certainement pas instructive.

Tagazok !

Nous avons heureusement terminé cette virée à Polymanga par un très beau moment, puisque dans cette même salle Miles Davis, nous avons retrouvé le Naheulband pour leur propre conférence. Au contraire de l’événement précédent, l’assemblée était plus que réduite (à peine un quart des sièges était occupé), conférant à cette rencontre un caractère intimiste au final fort agréable.


Le groupe a commencé par évoquer son plaisir de retrouver la Suisse après six ans, date de son dernier concert sur nos terres, puis a expliqué les origines « accidentelles » de sa création il y a déjà onze années de cela (POC et Ghislain se sont retrouvés par hasard à devoir jouer ensemble dans un concert improvisé lors d’une convention). La discussion a ensuite logiquement dévié sur Naheulbeuk.


Avec la simplicité et l’humour qui le caractérisent, John Lang a alors parlé de la conception de sa franchise et de ses diverses déclinaisons. A l’origine saga MP3 née de son ras-le-bol de la fantasy sérieuse et de sa passion pour les jeux de rôles, Le Donjon de Naheulbeuk est passé « accidentellement » par plusieurs formats : l’adaptant en BD sans grande conviction, POC s’est lancé dans la rédaction en romans suite au succès de ce portage. A l’heure actuelle, les récits sont d’abord publiés sous forme littéraire, puis sont transposés en aventures audio et en bandes-dessinées. A cela s’ajoutent encore de nombreux compléments tels qu’un jeu de rôle en ligne gratuit, une encyclopédie sur le web et bien entendu les albums du Naheulband.

Le monde de la Terre de Fangh s’est donc bien développé depuis sa création en 2001, Lang étendant son univers à la manière d’un Tolkien en décrivant avec minutie son histoire, sa géographie et les peuples qui y vivent. Et il ne compte pas s’arrêter là, puisque, comme nous l’évoquions plus haut, sortira prochainement sur Canal + la série animée Naheulbeuk.


Nous avons pu visionner quelques minutes d’extraits (de courts fragments sont déjà disponibles sur YouTube) et nous avons plutôt été conquis. Si l’animation 3D utilisée n’est pas la plus belle qu’on ait vue (les décors sont jolis mais les personnages un peu trop « polygonisés »), le rythme et la mise en scène restent très efficaces et l’humour toujours aussi fun. Les événements narrés semblant également varier de l’aventure originale, cette nouvelle déclinaison s’annonce tout aussi intéressante (et justifiée, pour le coup) que les précédentes, dépassant le statut du bête produit dérivé.

Une belle preuve de l’honnêteté de son créateur, que les autres membres du Naheulband partagent indéniablement : la rencontre s’est ainsi achevée sur le groupe clamant à l’unanimité vouloir avant tout se lancer dans des projets correspondant d’abord à ce qui lui plaît. Ou comme le résume très bien Lang : « En étant honnête avec soi-même, on l’est avec les gens ».


Cette journée conférence à Polymanga a donc été l’occasion de rencontrer plusieurs artistes œuvrant dans des registres différents mais proposant chacun des créations d’où transparait la même envie, la même passion (parce que même si leur conférence était nulle, l’émission de Molas et Rassiat est plutôt chouette). C’est aussi pour ça qu’on aime le festival.

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