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Culture
Pour un garçon
Mea Culpa

De Fred Cavayé | Thriller / Action

Avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche et Nadine Labaki



Eté 2011. Un petit frenchie a l’insigne honneur de se trouver sur la liste des réalisateurs potentiels du cinquième Die Hard, aux côtés de cinéastes mondialement reconnus tel que Nicolas Winding Refn. Pourtant, tandis qu’il semble en bonne voie pour mettre en image la franchise la plus mythique du cinéma d’action, il fait savoir aux producteurs immédiatement après avoir lu le script qu’il n’est pas intéressé.

Qui est-il ? Comment s’est-il retrouvé sur cette liste ? Et surtout, pourquoi a-t-il décliné cette offre que n’importe quel fan d’actioner ne pourrait refuser ?

A ces trois questions, l’on peut finalement apporter la même réponse : ce petit frenchie, c’est Fred Cavayé, un artiste intègre et sincère en tous points. L’intégrité et la sincérité étaient au cœur de ses deux premiers films, le très beau Pour elle et l’haletant A bout portant. C’étaient cette intégrité et cette sincérité qui avaient certainement tapé dans l’œil d’Hollywood au point de vouloir remaker Pour elle (Les Trois Prochains Jours de Paul Haggis, qui ne retrouve jamais la densité émotionnelle ni la tension de l’original), puis d’envisager le réalisateur à la tête du nouveau Die Hard. Et c’est également son intégrité et sa sincérité qui ont poussé ce dernier à refuser de mettre en scène le script calamiteux qui allait inévitablement conduire à la ruine de la franchise initiée par John McTiernan.


Plutôt que de s’expatrier directement comme la plupart de ses compatriotes qui réussissent, Cavayé préférait donc continuer à secouer le paysage cinématographique français de son énergie et son talent.

Mea Culpa, sa troisième réalisation, s’annonce comme une synthèse de ses deux premières, l’émotion profonde de Pour elle et l’action nerveuse d’A bout portant réunis en un même ensemble et poussés à leur paroxysme.

Associant leurs têtes d’affiches respectives (Vincent Lindon et Gilles Lellouche comme vous ne les avez jamais vus), le film narre le parcours de Simon (Lindon), ancien flic ayant coupé tous les ponts avec son passé (y compris sa famille) à la suite d’un tragique accident de voiture dans lequel, ivre, il percutait mortellement une femme et sa fille. Aujourd’hui brisé et rongé par le remords, son seul lien avec sa vie d’avant réside dans sa relation avec Franck (Lellouche), ex-collègue et fidèle ami. Le jour où Théo, le fils de Simon, est témoin d’un meurtre orchestré par la mafia locale, ce dernier, épaulé par Franck, mettra tout en œuvre pour protéger sa famille, trouvant là une possible voie de rédemption.


Dès le départ, Cavayé pose son intention de faire encore plus fort que ses deux précédents films réunis : à peine l’écran titre dissipé, la première rencontre avec le personnage de Gilles Lellouche se fait dans une voiture… alors qu’il est en plein combat rapproché avec deux malfrats. La scène, entièrement filmée à l’intérieur du véhicule, nous rappelle d’emblée les talents de mise en scène d’action dont dispose l’auteur d’A bout portant. Les cadres précis et de plus en plus resserrés sur les combattants s’enchainent et se coupent au fil d’un montage ultra dynamique, si bien que ce mano a mano dans trois mètres carrés atteint finalement une intensité explosant l’espace restreint dans lequel il prend place.

La suite du film gagnera encore en ampleur, nous offrant des scènes d’action toujours plus tendues et dans des lieux enserrant progressivement les héros (une poursuite dans les rues d’une vieille ville, une fusillade dans une boîte de nuit, un affrontement dans les couloirs d’un TGV).

Frénétique, intense et haletant de bout en bout, Mea Culpa est indéniablement l’achèvement d’A bout portant en termes d’action. Mais en est-il de même pour l’émotion de Pour elle ?


En termes d’ambition, certainement : des thèmes aussi forts que ceux de l’amitié, la culpabilité, la vengeance et la rédemption sont au cœur du récit. Néanmoins, en pratique, tout cela se révèle un peu plus bancal. La faute à un léger changement de direction au début du troisième acte, qui réorganise les enjeux et réduit quelque peu l’impact émotionnel. S’ajoute à cela une petite sous-intrigue censée illustrer un tournant dans le parcours du personnage de Simon, mais qui se trouve être mise en place de manière trop artificielle pour convaincre complètement.

Les deux premiers films de Cavayé fonctionnant par une parfaite harmonie entre émotion et action, les morceaux de bravoure galvanisant le spectateur parce que soutenus par une pâte humaine travaillée, ici, ces quelques faux pas fragilisent légèrement l’ensemble. Des égarements qui atténuent l’immersion jusqu’ici très forte, mais qui seront heureusement rattrapés par un joli twist final venant apporter une dimension supplémentaire aux personnages (et par ailleurs expliquer le titre du film).


Mea Culpa n’est peut-être pas parfait et probablement pas le meilleur film de son auteur, mais il n’en reste pas moins, dans le paysage cinématographique français, une proposition rare et respectable.

Une œuvre généreuse, traversée d’instants de cinéma que bien peu sont capables d’offrir, une création intègre, qui respecte son spectateur comme trop peu le font.

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