X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Campus
Pour que le demos ait du kratos
Vendredi 3 octobre, L’auditoire et le Comité du Vote Blanc organisaient une rencontre autour du thème « Démocratie et droits politiques » en présence d’Etienne Chouard, Antoine Chollet et Thomas Wroblevski. Petit compte-rendu.

La mise en place de l’événement aura connu des déconvenues : après les réactions pour le moins vindicatives provoquées par l’annonce du nom d’Etienne Chouard dans les invités (cf édito du n° 222), c’était au tour de ce dernier de tomber, lors de son trajet pour Lausanne, sur le train bloqué par une alerte à la bombe. C’est donc dans l’expectative que nous avons débuté la conférence en présence d’un intervenant sur trois.


© Jeanne Guye
Antoine Chollet a ainsi ouvert le bal. Le maître-assistant en SSP a commencé par rappeler que, de tous temps, et ce dès les Grecs, les systèmes démocratiques ont été régulièrement reconfiguré, ne restant jamais stables. Un signe qu’il n’existe pas de démocratie parfaite et achevée à imiter, et qu’il est donc indispensable de réfléchir aux institutions politiques et aux moyens de les démocratiser. Parmi ceux-ci, Antoine Chollet a cité les référendums constitutifs et les initiatives législatives comme de bons outils pour « démocratiser la démocratie ». L’intervenant a donné en exemple le récent vote sur la caisse unique, qui concernait un texte au final plutôt vague. Une initiative législative aurait ainsi permis de proposer directement une loi qui remplace la LAMAL. Un autre outil intéressant pourrait être la révocation : les élus peuvent être démis de leurs fonctions suite à la récolte de signatures (Arnold Schwarzenegger a par exemple accédé au poste de gouverneur de Californie suite à la révocation de son prédécesseur).

Antoine Chollet a également évoqué l’idée de la « double lecture » du politologue américain Benjamin Barber : chaque proposition serait soumise à deux votes, le second étant effectué quelques temps après le premier pour faire office de confirmation. La méthode permet ainsi de s’assurer que le premier vote n’a pas été influencé par un événement particulier (par exemple un vote sur la peine de mort qui tomberait en même temps que le procès d’un grand criminel). Enfin, l’intervenant s’est attardé sur le vote blanc, ardemment défendu par Thomas Wroblevski et le Comité du Vote Blanc. S’il estime qu’il s’inscrit dans « une certaine prime au conservatisme et au statu quo », il reconnaît néanmoins un intérêt à ce qu’il soit véritablement reconnu comme un avis à part entière.


© Maxime Filliau
Après être revenu sur quelques mythes entourant le système politique suisse (notamment sa réputation quelque peu faussée de « plus vieille démocratie du monde »), Antoine Chollet a conclu par une défense de la démocratie directe. Soulignant qu’il ne croit pas à l’argument prétextant que la complexité politique nécessite à tout prix des élites, il a également précisé que, si certaines dérives sont toujours possibles avec ce système, elles sont plutôt rares et extrêmement minimes en comparaison de celles créées par d’autres : les grands drames du XXe siècle ne sont ainsi pas dus à la démocratie directe pas plus qu’à des référendums, mais sont bien le fait d’élections ou de prises de pouvoir. Rebondissant sur une question d’un spectateur, il a alors évoqué le tirage au sort utilisé dans l’Athènes de l’Antiquité. Excepté les stratèges, tous les hauts fonctionnaires étaient tirés au sort et tous faisaient ensuite l’objet d’un contrôle dans leurs activités. Une méthode équitable mais qui implique déjà une forme de délégation et accepte la nécessité d’avoir des magistrats. Le système a donc ses limites, puisqu’il est également difficilement applicable aux fonctions qui nécessitent des compétences préalables.


© Jeanne Guye
Au bout d’une heure et demie d’exposé, les deux autres intervenants sont enfin arrivés et ont alors pu prendre le relai. Etienne Chouard a débuté en jouant carte sur table : selon lui, la « vraie démocratie » n’existe pas véritablement à l’heure actuelle. Différenciant toutefois la France de la Suisse, l’enseignant marseillas a souligné la nécessité pour son pays d’instituer une démocratie et pour le nôtre de la protéger. De fait, en lieu et place d’un peuple qui vote ses propres lois, les systèmes actuels ne donnent au peuple que « la possibilité d’élire des maîtres et donc de renoncer à voter lui-même ses lois ». L’élection consistant à choisir les meilleurs, elle porte les personnes élues au-dessus de leurs congénères et les transforme inévitablement. Ce n’est pas le cas du tirage au sort, puisque ce dernier fabrique « des serviteurs ». Pour Etienne Chouard, le pouvoir corrompt à coup sûr, il doit donc être donné à ceux qui ne le veulent pas. Un autre élément selon lui sur lequel le peuple devrait récupérer du contrôle : l’argent. La souveraineté monétaire du demos lui garantirait ainsi d’office du kratos. L’intervenant a conclu en évoquant les ateliers constituants qu’il organise régulièrement et qui offrent la possibilité à tout un chacun de venir débattre et réfléchir à la conception d’une constitution. Il a alors encouragé le public à faire de même de son côté.


© Maxime Filliau
Thomas Wroblevski a ensuite pris la parole pour partager sa récente expérience en tant que candidat à la succession d’Yvan Perrin au Conseil d’Etat. Se présentant comme « le candidat du vote blanc », il était entré en lice afin de donner la possibilité aux électeurs de refuser tous les autres candidats, puisqu’il aurait immédiatement démissionné en cas d’élection. S’il ne l’a pas emporté, il a tout de même réussi à obtenir 10,7 % des voix, et ce, sans les ressources de ses concurrents. Il a ainsi rappelé que se présenter à une élection impliquait de mettre sa vie entre parenthèse pendant des mois pour faire campagne, et donc de bénéficier d’argent et de pouvoir le permettant. Ne disposant ni de l’un, ni de l’autre, Thomas Wroblevski n’a fait campagne que dans deux communes, uniquement armé de quelques flyers. A travers son résultat, il estime avoir pu « prendre la température du mécontentement des citoyens ». Selon lui, il faudrait à présent s’interroger sur les causes de ce mécontentement. Et le candidat du vote blanc d'ajouter : « La Suisse n'est pas une démocratie, mais elle peut tout de même faire rêver, car elle a la base légale pour en devenir une. »

L’événement s’est ensuite poursuivi par une séance de discussion avec le public. Les spectateurs et spectatrices présents étant visiblement très intéressés par le sujet, les questions ont été nombreuses, tant et si bien que, même une fois la conférence officiellement terminée (bien plus tard que prévu), les échanges ont continué bien au-delà, autour d’un verre plus que mérité.


Pour revisionner le live, c'est ici.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.